Théâtre-Musée Dali à Cadaquès
- traveltothemoon
- 12 mai 2016
- 4 min de lecture
La visite du théâtre-musée Dali s'imposait pour compléter notre découverte de cet artiste hors-du-commun. La visite de sa maison de Portlligat avait aiguisé notre curiosité et c'est avec allégresse que nous avons franchi les portes du musée de Figueres. Nous avons adoré ce musée d'abord parce qu'il est beau et ensuite parce que les oeuvres de Dali sont nombreuses, intéressantes et déroutantes. Par contre, il ne remplit pas sa fonction pédagogique et on peut regretter l'absence totale d'explication sur sa vie et son art. J'aurais aimé apprendre pourquoi et dans quelles circonstances il avait peint tel ou tel tableau. Alors si comme moi vous avez envie d'en savoir plus sur le parcours artistique de Salvador Dali, lisez l'excellent dossier sur le site du Centre Georges Pompidou en cliquant ici. Sinon, suivez-moi ici dans son univers labyrinthique et découvrez quelques-uns de ses tableaux.
Je vais d'abord vous parler du musée qui est une oeuvre d'art à part entière.
Dali décide à la fin de sa vie de créer une œuvre monumentale à sa gloire. Il choisit comme lieu, l’ancien théâtre de Figueres (à 100m de sa maison natale et en face de l’église ou il a été baptisé), ravagé par les flammes durant la guerre civile espagnole, et en ruine. Il travaillera une dizaine d’année à la restructuration du bâtiment et à l’élaboration de ce qui sera à jamais, le plus grand objet surréaliste, inauguré en 1974 par le maitre lui-même. Il passera ses dernières années là et sera enterré dans la crypte du musée.
Les façades extérieures sont étonnantes: les murs sont de couleur rouge brique et sont recouverts de petits pains catalans jaunes. Le toit est surmonté d'oeufs géants et de statues dorées. La façade grise de l'entrée est plus classique et ornée de scaphandriers et de personnages tenant au bout de leur bras levé une baguette de pain dorée. La cour après l'entrée du musée est aussi étonnante: des sculptures dorées à chaque fenêtre qui ressemblent aux statuettes d'Hollywood, des sculptures grotesques avec des tiroirs et des lavabos qui ressemblent à des gargouilles et une barque flottante avec des gouttes bleues. C'est la barque de Gala qui s'élève portée par une lourde colonne de pneus de tracteurs. Au devant de la barque sur l’avant scène de ce que fut le théâtre, se dresse la Cadillac noire offerte à Gala. Sur le capot, tel un bouchon de radiateur, la sculpture de la reine Esther. Il y a une dizaine d’années, une fontaine coulait à l’intérieur de la cadillac. Les murs sont recouverts de lierre.


Ensuite, on pénètre à l'intérieur. La scène de l’ancien théâtre municipal devient une cour intérieure, éclairée par le dessus, par la coupole géodésique. A même le sol, la tombe de Dali que le visiteur inattentif piétine sans s’en rendre compte. Cet espace permet un accès vers les salles et les galeries.


On peut voir le fameux tableau Gala nue regardant la mer Méditerranée qui à vingt mètres se transforme en portrait d'Abraham Lincoln. Pour réaliser cette image double, Dali est parti d'une interprétation digitale du visage de Lincoln obtenue par le cybernéticien américain Léon D. Harmon (1975).
Nous déambulons pendant deux heures dans le musée à la découverte de la trajectoire artistique de Dali: impressionnisme, futurisme, cubisme et surréalisme. Nous sommes impressionnés par la finesse du trait de pinceau et des détails. Il y a tellement de choses à voir et à déceler, de mystères et d'énigmes à déchiffrer qu'une journée entière ne suffirait pas.
Parmi les œuvres les plus remarquables qui y sont exposées, on peut voir « L'Humanité » (1923), Port Alguer (1924), Le spectre du sex-appeal (1932), Portrait de Gala avec deux côtes d'agneau en équilibre sur son épaule (1933), Autoportrait mou avec lard grillé (1941), Poésie d'Amérique - Les athlètes cosmiques (1943), Galarina (1944-1945), La corbeille de pain (1945), Léda atomique (1949) et Galatée aux sphères (1952), parmi bien d'autres.
Je vous laisse ici découvrir quelques unes de ses oeuvres et je publierai prochainement un article sur la biographie de Dali avec d'autres photos prises dans le musée. Bonne visite!



Charrette fantôme (1933) Dans le paysage ruiniforme de l'Empordan, propice aux mirages, la charrette semble se diriger vers une ville mais il s'agit d'une illusion de perspective: les roues ne sont que deux pieux fichés en terre, le conducteur n'est que la silhouette lointaine d'une église.


En 1934, Dali réalise le Visage de Mae West (utilisable comme appartement surréaliste). Près de quarante ans plus tard, l'architecte et designer barcelonais Oscar Tusquets propose à Dali de recréer cette oeuvre en trois dimensions. C'est ainsi qu'en 1974, la salle Mae West abrite un sofa, une cheminée et deux tableaux, représentant le visage de l'actrice américaine. La perruque ne sera rajoutée que deux ans plus tard. L' attente est longue avant de pouvoir admirer l'oeuvre dans son intégralité au travers d'une loupe grossissante.
Avant de rentrer dans cette salle, je ne connaissais pas Mae West. J'ai appris qu'elle était une actrice américaine sex-symbole des années 1920 à 1940 à la réputation sulfureuse. Artiste de théâtre et de music-hall venue tard au cinéma, elle a imposé en quelques films, avant que les codes de pudeur américains eussent raison de ses excès, l’image comique d’une femme au verbe haut, souvent obscène, la démarche chaloupée et le poing sur la hanche. Voici deux photos d'elle:



Portrait de Picasso (1947) Selon Dali, Picasso ne s'occupe pas de beauté, mais de laideur ... Son intellectualisme forcené est dénoncé par cette cervelle lui sortant du nez pour se transformer en cuillère qui ramasse tout.






