top of page

Angkor, la forêt de pierre: histoire

  • traveltothemoon
  • 2 mars 2017
  • 4 min de lecture

Avant de raconter notre périple, je vous propose un article succinct sur l'histoire du site d'Angkor. C'est parti!

L'histoire d'Angkor est souvent limitée aux quelques siècles qui ont laissé des monuments – du IXe au XVe à peu près : en réalité, le parc et ses environs immédiats recèlent quelques sites préhistoriques, et l'histoire d'Angkor peut certainement se prolonger au-delà du XVe siècle. C'est à la fin du siècle dernier que le site a été désigné sous le nom d'Angkor, qui signifie « capitale ». Le site d'Angkor peut être défini comme la zone où un certain nombre de capitales successives de l'Empire khmer ont été établies au long de quatre siècles, du IXe au XIIe, période durant laquelle les luttes pour le pouvoir ont amené les rois à des déplacements de capitale. La longue occupation des lieux a fait que les sites antérieurs ont souvent été en partie détruits par les suivants et que la lisibilité de l'ensemble n'apparaît pas au premier coup d'œil. Les Khmers appartiennent à ces peuples dont on ne connaît la civilisation que par leurs monuments, ici pratiquement tous religieux, et par leurs inscriptions lapidaires ; tout le reste a disparu, habitations humaines, faites essentiellement de bois, et bibliothèques, brûlées ou dévorées par les termites ou autres insectes.

La tradition orale fait remonter la création de la civilisation cambodgienne dans un lointain passé. Au fond du grand océan régnaient les serpents nagas, cobras à tête multiples, maîtres des eaux, gardiens des trésors cachés et des richesses spirituelles. Il y a près de deux mille ans, un brahmane de l'Inde, prince du soleil, prit la mer à la suite d'un rêve. Parvenu dans le pays khmer il planta son javelot pour marquer son nouveau domaine. Le roi, un serpent Naga, lui donna sa fille en mariage, une ondine, mi femme mi serpent, un être de nature lunaire. Pour offrir un royaume à sa fille le roi Naga entreprit de boire toute l'eau qui recouvrait le pays. Une terre boueuse propice à la culture apparut. Le nouveau souverain apprit à ses sujets à transformer les terres inondées du pays en rizières fertiles. C'est de cette alliance de la lune et du soleil, de la rencontre d'une culture animiste et de la tradition indienne que nait dans la basse vallée du Mékong la grande civilisation khmère. Les anciens peuples indigènes adoptent les nouvelles divinités indiennes sans renoncer à leur croyance dans les génies de la terre et de l'eau.

L'eau qui suinte de la montagne a toujours été vénérée. Elle a le pouvoir de révéler le passé, le présent et l'avenir. Au coeur de la montagne se manifeste le principe de la création. La stalagtite descendue du ciel telle une colonne de feu donne naissance à une stalagmite. Par sa forme la pierre dressée symbolise un emblème phallique, le linga, qui renferme la présence de Shiva. En se prosternant devant Shiva, en méditant devant son linga, s'accomplit le rituel qui chasse l'obscurité et l'ignorance. Dès le 6ème siècle, les premiers temples sont édifiés à l'intérieur des grottes autour de ce pilier naturel qui représente l'axe du monde.

L'histoire des souverains qui se sont succédés sur le trône d'Angkor pendant plus de quatre siècles commence quand un prince de retour d'exil, Jayavarman II, libère son peuple de la tutelle étrangère. En 802 il instaure un culte solennel. Le monarque est intronisé comme roi de la montagne, souverain universel, intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il unifie un royaume alors morcelé et installe sa capitale à Angkor. Son règne dure environ 35 ans pour se terminer aux alentours de 835. Le choix de placer sa capitale près de Siem Reap est probablement dû à la proximité du grand lac Tonle Sap qui offre des eaux poissonneuses et la possibilité de cultiver le riz. L'âge d'or d'Angkor dure environ 6 siècles et certains rois ont marqué plus que d'autres. Suryavarman II, construisit à partir de 1113 le plus beau et le plus grand de tous les temples : Angkor Vat. Ensuite, Jayavarman VII (1181-1218) a été un constructeur hors pair car il a créé entre autres, le fameux Bayon au sein d'Angkor Thom et Ta Prohm en mémoire de sa mère. Il institua le bouddhisme religion d'Etat et il a bonne réputation auprès du peuple encore aujourd'hui car il construisit des hôpitaux un peu partout dans le pays.

Angkor a connu l'un des effondrements les plus méconnus de tous les temps. Le royaume khmer dura du IXe au XVe siècle. À son apogée, il domina une large frange de l'Asie du Sud-Est continentale, de la Birmanie, à l'ouest, au Viêt Nam, à l'Est. Sa capitale, Angkor, comptait pas moins de 750 000 habitants. À la fin du XVIe siècle, lorsque des missionnaires portugais découvrirent les tours en forme de lotus d'Angkor Vat, le temple le plus sophistiqué de la cité et le plus vaste monument religieux du monde, la capitale de l'Empire agonisait déjà. Les spécialistes ont avancé de nombreuses explications parmi lesquelles, Angkor aurait été condamnée d'avance par cette même ingéniosité qui transforma un ensemble de petits fiefs en Empire. La civilisation khmère avait appris l'art d'apprivoiser les déluges saisonniers de l'Asie du Sud-Est, en stockant l'eau dans d'immenses bassins appelés baray, pour éviter les inondations et la restituer en période de sécheresse, mais elle perdit le contrôle de l'eau, la plus vitale des ressources, entraînant ainsi son déclin. Des sécheresses sévères et prolongées, ponctuées par des pluies torrentielles, auraient anéanti le système hydraulique. Le pouvoir se déplaça vers Phnom Penh, au XVIe siècle, après une période de moussons irrégulières. Une étude archéologique à grande échelle a étudié les raisons du déclin d'Angkor et de son abandon en 1431, et la conclusion est que cette extension de la capitale de l'Empire khmer n'a vraisemblablement pas été sans conséquences pour l'environnement et que les problèmes écologiques de déforestation, dégradation des sols, d'érosion, liés à ce développement, ont sans doute contribué à la chute de l'Empire. La concurrence du puissant royaume du Siam voisin basé à Sukhothai, semble aussi avoir accéléré la volonté de la Cour d'Angkor d'aller s'installer à Phnom Penh aux alentours de 1431. Malgré l'abandon d'Angkor, l'empire Khmer était alors encore très puissant. Et la région a continué à être habitée. Mais, aucun nouveau temple ne verra plus le jour.

A bientôt pour la suite de nos aventures!

TAGS RÉCENTS
bottom of page