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Terrasses des Eléphants et du Roi Lépreux: royales

  • traveltothemoon
  • 27 mars 2017
  • 3 min de lecture

Après le Phimeanakas, nous allons aux terrasses royales, la terrasse des Eléphants et la terrasse du Roi Lépreux qui datent de la fin du XIIème siècle (Jayavarman VII) et XIIIème siècle (Jayavarman VIII). Le soleil est à son zénith, il fait très chaud et nous ne nous attardons pas.

Ces deux terrasses, tournées vers la Place Royale, étaient utilisées pour organiser des parades et selon le rapport de Zhou Daguan, le roi apparaissait quotidiennement au centre pour écouter les doléances de ses sujets et rendre la justice.

La terrasse du Roi Lépreux a probablement été ajoutée lors du règne de Jayavarman VIII, modifiant la Place Royale et prolongeant la terrasse des Eléphants. C'est une terrasse massive qui tire son nom de la statue du XIVème siècle découverte à son sommet. Les parois sont sculptées de scènes mythologiques et montrent des divinités portant des glaives, des devatas, des nagas et des créatures marines.

Dans le prolongement de la terrasse du Roi Lépreux, il y a le perron nord où l'on peut voir des chevaux à cinq ou sept têtes puis la terrasse des Eléphants longue de plus de 300 mètres.

Le mur de la terrasse haut de trois mètres est sculpté d'une longue représentation continue d'éléphants engagés dans une partie de chasse. Les escaliers sont bordés d'éléphants à trois têtes. Le mur conduisant au principal escalier central est sculpté de lions et de garudas, en atlantes, les bras levés (statues servant de support à un ouvrage d'architecture).

Un éléphant tricéphale décore l'extrémité de la terrasse.

Sur la Place Royale, les préparatifs pour l'arrivée de Sa Majesté le Roi Norodom Sihamoni et Angelina Jolie vont bon train. Ce soir ils doivent assister, avec des centaines d'invités, à la première du film "D'abord ils ont tué mon père" réalisé par l'actrice américaine qui est particulièrement attachée au Cambodge - son fils adoptif en est originaire. Ce film est une adaptation du livre éponyme de la militante des droits de l'Homme Loung Ung dans lequel elle se souvient des horreurs vécues sous le régime des Khmers rouges, entre 1975 et 1979. Loung Ung avait cinq ans lorsque les Khmers rouges, dirigés par Pol Pot, ont envahi Phnom Penh, plongeant sa famille dans la tourmente et l'envoyant dans un camp de travail, avant qu'elle ne puisse s'enfuir vers les Etats-Unis. Sous le régime de Pol Pot, deux millions de Cambodgiens, soit un quart de la population, sont morts d'épuisement, de famine, ou à la suite de tortures et d'exécutions. Des milliers de charniers ont été découverts après la chute des Khmers rouges, mus par une utopie marxiste qui prétendait défaire la société de la contrainte de l'argent et bannir la religion.

Loung Ung est une belle femme. Les Cambodgiens, hommes et femmes sont beaux et radieux, mais derrière leur magnifique sourire, ils cachent des blessures profondes. Peu de familles ont été épargnées par le régime des Khmers rouges. Notre guide Arun nous raconte que sa famille aussi a été plongée dans l'horreur. Son père a été tué par les khmers alors que lui n'avait que quelques mois. Il travaillait dans la finance et était un intellectuel. Sa mère a dû travailler dur pour subvenir à leurs besoins et n'a pas eu assez d'argent pour envoyer ses enfants à l'université. Arun aurait pu devenir professeur, docteur, ingénieur. La vie en a décidé autrement. Il est devenu guide. Son salaire est maigre. Il vit à peine, il survit et pourtant il sourit, il sourit d'un sourire large et sincère, il sourit comme ces centaines de Cambodgiens que nous avons croisés; et c'est sans doute ce que je retiendrai le plus du Cambodge, le sourire sur ces visages empreints de douceur et de bonté, le sourire de ce peuple d'une grande gentillesse, courageux et fier.

Cambodge, le pays des sourires: sourires énigmatiques et mystérieux sculptés dans la pierre, sourires clairs et lumineux ciselés dans la chair.

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