Wonder Wheel
- traveltothemoon
- 4 févr. 2018
- 2 min de lecture
Nous sommes allés voir Wonder Wheel, Thomas et moi. D'un point de vue esthétique, le film est tout simplement magnifique. Le décor est superbe avec les couleurs éclatantes et vives de la fête foraine à Coney Island. La photographie est belle avec une lumière qui représente bien les états d'âme des personnages et qui sublime leur visage. Cela donne au film un charme suranné et un aspect intemporel.

Le film s'inscrit dans la théâtralité - décor, mise en scène, jeu des acteurs et références à Tchekhov et à la tragédie grecque - et offre un joli portrait de femme déçue et amère qui, le temps d'un été, se prend à rêver d'une vie meilleure. Elle a l'ambition de devenir une grande actrice tout comme son amant maître-nageur qui rêve de devenir lui un grand auteur. On comprend très vite qu'elle est en fait bercée d'illusions, qu'elle n'arrivera pas à sortir de sa vie médiocre, que le destin la rattrapera. Le bonheur auquel aspire le personnage principal n'est qu'un mirage et son manque de lucidité lui donne une dimension tragique. La roue symbolise le destin auquel on ne peut échapper et l'univers artificiel et en trompe l'oeil de la fête foraine à Coney Island ancre l'histoire dans l'irréel. Tout n'est que mensonge, apparence, chimère, illusion. Woody Allen nous offre ici une intéressante mise en abîme. Tout comme les visiteurs vont à la fête foraine de Coney Island pour fuir le réel, nous, spectateurs, allons au cinéma pour voir une fiction. Je crois que Wonder Wheel est un grand film déguisé en film mineur qui tisse des liens entre théâtre et cinéma, fiction et réalité.

Nous avons vu un autre film, sympathique et divertissant: Logan Lucky. Ce qui m'a plu: les personnages stéréotypés sont haut en couleur et touchants, Daniel Craig est très bon dans un rôle à contre-emploi, c'est parfois drôle et absurde, la B.O est cool. Par contre, il y a quelques longueurs. Ce film ressemble à Ocean Eleven, en plus cocasse mais en moins rythmé.
